L’actuel centre historique s’élève sur le site de l’antique cité de Circeii, dont il reprend le périmètre originel. Le plan de la ville antique était très simple : un rectangle traversé en son milieu par un axe principal, le decumanus maximus, orienté nord-sud.
Le decumanus était coupé par des rues secondaires, les cardines, orientées est-ouest. L’actuel Corso Vittorio Emanuele suit l’ancien decumanus, tandis que les cardines se retrouvent dans les nombreuses ruelles qui le croisent et forment un réseau orthogonal régulier.
Outre le plan, il ne reste que peu de témoignages de l’antique Circeii, à l’exception des puissants Murs polygonaux, bien conservés par endroits, qui depuis le VIe siècle av. J.-C. entouraient l’agglomération pour la défendre.
Le tronçon le mieux conservé de l’ancienne enceinte, épais d’environ trois mètres, se voit le long du côté sud-est du village, Via Gino Rossi, où l’on observe une véritable superposition de constructions : sur les Murs polygonaux s’appuyèrent les murs médiévaux puis les maisons modernes, en respectant le tracé antique. Les murs se poursuivent en contournant tout l’angle oriental du village jusqu’à la Porte Antique, l’un des plus anciens accès de l’agglomération fortifiée. Ils ne subsistent pas du côté nord-ouest, ce qui laisse supposer l’absence de muraille défensive sur ce tronçon.
L’enceinte en appareil polygonal du centre historique diffère fortement de celle de l’Acropole par sa technique. Elle est construite selon un système plus primitif, dit de « première manière », avec des blocs de calcaire irréguliers, à peine dégrossis et non polis, de forme et de taille variables, superposés sans mortier et souvent posés tels qu’ils avaient été extraits de la roche.
La « première manière », différente des « deuxième et troisième manières », où apparaissent les progrès formels acquis peu à peu par les bâtisseurs de la technique polygonale, est considérée comme la plus ancienne, même s’il est impossible de la dater précisément.
Cette caractéristique de l’enceinte de la ville basse fournit toutefois un indice important de l’antériorité de Circeii par rapport à l’Acropole qui la domine, datée du IVe siècle av. J.-C. L’évidence archéologique est confirmée par les sources écrites : trois historiens antiques parlent de la colonie de Circeii, Tite-Live dans sa monumentale histoire de Rome « Ab Urbe Condita », Denys d’Halicarnasse dans les « Antiquités romaines » et Diodore de Sicile dans sa « Bibliothèque historique ».
Bien que ces œuvres puisent souvent dans le mythe, surtout lorsqu’elles traitent des lointaines origines de Rome au VIIIe siècle av. J.-C., Tite-Live comme Denys évoquent la colonie militaire de Circeii fondée à la fin du VIe siècle par le roi étrusque Tarquin le Superbe pour freiner l’avancée des Volsques au sud d’Anzio.
La colonie de Circeii, conduite par Arruns, fils de Tarquin, fut fondée parce que le Circeo était un lieu très stratégique pour contrôler le Latium méridional, presque une vigie naturelle sur la mer Tyrrhénienne : « Praesidia urbi futura terra marique ».
En 393, comme le rapporte Diodore de Sicile dans sa « Bibliothèque historique », après une brève domination volsque, la colonie de Circeii fut refondée et inscrite dans la tribu Pomptina, en réutilisant ce qui restait de la colonie militaire des Tarquins : les murs cyclopéens.